Mais hier, pendant qu'ils étaient sortis, j'ai décidé de faire une petite inspection dans leur bibliothèque (quand je dis bibliothèque, je parle du meuble, on est bien d'accord ?)...
Tout d'abord, je tiens à préciser que la maison de mes grands-parents abrite en fait un moulin à eau qui tournait il y a environ deux centaines d'années (plus proche des 150 ans, en fait) ; bref, c'est une vieille maison. Il ya deux étages : Nous vivons au premier et le deuxième est un grenier... J'y suis allée une fois avec mon cousin. Aujourd'hui encore, je suis persuadée que la maison est pleine à ras-bord de fantômes...
Pour en revenir à la bibliothèque, j'ai mis la mis la main sur un recueil de poésie de Charles Baudelaire, Les Fleurs Du Mal, édité en 1923 (56 ans après la mort du poète) ! Je ne vous parle pas de l'état du bouquin ! Pour une mordue de litérrature et de poésie comme moi, c'était le rêve !
"Je me demande à quel fantôme, il appartient celui-là !"
Un certain G.H...
En feuilletant, le recueil, un poème a attiré mon attention : La Mort Des Artistes
Oui, euh... Si on pouvait éviter !Pour les incultes, ignorant qui est Baudelaire :
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Baudelaire, L'Albatros
Au Final, on retient trois choses :
- Pour lire un très vieux livre, il faut savoir supporter l'odeur de renfermer que dégagent les pages.
- Charles Baudelaire ne tournait pas toujours rond.
- Il faut être torturé pour devenir artiste... Non, vraiment ! Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Vincent Van Gogh... Kurt Cobain !
1 commentaire:
oui Baudelaire c'est à la fois beau et horrible à la fois, c'est magnifique quoi.
"Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comme un beau paysage ;
Le rire joue en ton visage
Comme un vent frais dans un ciel clair.
Le passant chagrin que tu frôles
Est ébloui par la santé
Qui jaillit comme une clarté
De tes bras et de tes épaules.
Les retentissantes couleurs
Dont tu parsèmes tes toilettes
Jettent dans l'esprit des poètes
L'image d'un ballet de fleurs.
Ces robes folles sont l'emblème
De ton esprit bariolé ;
Folle dont je suis affolé,
Je te hais autant que je t'aime !
Quelquefois dans un beau jardin
Où je traînais mon atonie,
J'ai senti, comme une ironie,
Le soleil déchirer mon sein ;
Et le printemps et la verdure
Ont tant humilié mon coeur,
Que j'ai puni sur une fleur
L'insolence de la Nature.
Ainsi je voudrais, une nuit,
Quand l'heure des voluptés sonne,
Vers les trésors de ta personne,
Comme un lâche, ramper sans bruit,
Pour châtier ta chair joyeuse,
Pour meurtrir ton sein pardonné,
Et faire à ton flanc étonné
Une blessure large et creuse,
Et, vertigineuse douceur !
A travers ces lèvres nouvelles,
Plus éclatantes et plus belles,
T'infuser mon venin, ma soeur !"
Les fleurs du mal, Baudelaire.
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